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Interview de Hamo

Interview de Hamo
Pour vous présenter, si vous étiez...
Une couleur ?
Bleu gris. C'est la couleur de mes yeux, de pas mal de mes vêtements et j'ai tendance à en mettre souvent dans mes BD et sur mes couvertures.

Une forme ?
Un octogone. Vu de loin, on ne sait pas bien si c'est un rond ou un carré... Alors que de près, on voit très bien que ce n'est ni l'un ni l'autre.

Un outil ?
Une clé.

Un chiffre ?
3

Un livre ?
Celui de la Jungle. La vie est une jungle et moi je suis un serpent. TSSSS !!!

Une femme ?
Ah, non merci !

Un homme ?
Je suis plutôt content d'être moi... Mais s'il fallait changer, je serais volontiers un vieux chanteur de Rock, dont on attend le passage et les chansons, partout là où il passe.

Quelle question n'aimeriez vous pas que l'on vous pose ?
« Que vous inspire l'actualité? »... Elle est chiante, voilà tout.

Est-ce que vous n'en n'avez pas marre de buller ?
Pour le moment ça va, merci. Mais bon, ça ne fait que 10 ans que je fais ça. Donc j'imagine que je pourrai encore buller quelques années. Ou du moins tant qu'on me le permettra. Par ailleurs, buller n'est pas très contraignant si on s'organise un tant soit peu. Personnellement, je bulle de préférence dans les heures de bureau ; du lundi au vendredi. De 8h à 16h. Veuillez laisser un message, nous vous répondrons dès que possible.

Quel auteur de BD auriez-vous aimé interviewer ?
Sans doute Hergé. Je ne dis pas que je suis un fan inconditionnel de Tintin... Mais c'est à peu près la seule BD que j'ai lu quand j'étais petit, chez mes grands-parents. J'étais fasciné par la galerie de personnages et la diversité des lieux. Ca a fait rêver des milliers d'enfants et je trouve ça super.

Pour le reste, j'ai pas mal côtoyé Yvan Delporte (les 3 dernières années de sa vie). C'était une interview « grandeur nature ». Il n'y avait qu'à l'écouter : il racontait toutes sortes d'anecdotes autour de la BD, du journal, des auteurs, des festivals... J'avais 20-25 ans et je me rendais à peine compte de la chance que j'avais d'entendre tout ça. Avec Janry, Batem, Cerise et les autres du "Boyz band dessinée", c'était pareil : j'entendais toutes sortes d'anecdotes et je me disais « Waw, y'a moyen de travailler ET de s'amuser! » :-)


Est-ce que vos parents savent que vous êtes dessinateur de BD ?
Oui. Ils m'ont même payé des études, pour que je fasse ce métier !

En fait, ils pensaient probablement comme moi que j'allais illustrer des romans jeunesse et faire des livres pour enfants. Ma Maman travaillait dans une librairie. Je lisais les nouveautés et je lui donnais mon avis pour qu'elle puisse conseiller les lecteurs. A côté de ça, je reproduisais des tableaux en grand format (Ensor, Rembrandt, Klimt, Magritte, Monet,...). Aux pastels, à la gouache et aux fusains. Par la suite, j'ai découvert la BD et ce n'est réellement qu'à 20 ans que je me suis dit : Ok, c'est ça que je veux faire ! Et mes parents on l'air plutôt contents.


Avez-vous déjà réglé des comptes à travers vos BD ?
Pas vraiment. En fait je me suis contenté d'une sorte de clin d'œil : dans un album, j'ai remercié deux types que je n'aimais pas beaucoup à ce moment là. A première vue, on croit vraiment que je les remercie. Mais dans le fond ça voulait juste dire : merci d'avoir été de gros nazes avec moi. Grâce à vous, je me rends compte combien les autres sont bien plus intéressants ! :-)

Quelle case vous manque-t-il ?
Il ne m'en manque aucune. Le problème c'est surtout qu'elles ne sont pas toutes dans le bon ordre ! Et puis à quoi bon les mettre dans l'ordre, après tout ? Je suis quelqu'un d'assez bordélique, en fait. Ca va aller...

Y-a-t-il une vie après le festival de BD d'Anzin-Saint-Aubin ?
Oui, mais vaut-elle la peine d'être vécue ? C'est une question que je me pose à chaque fois que le festival se termine... Jusqu'à ce que je reçoive l'invitation pour l'édition suivante ! Notez que je suis le seul auteur à n'avoir manqué aucune édition !!! Les organisateurs doivent certainement avoir pitié de ma situation...

A quel puits puisez-vous votre inspiration ? Puits de lumière ? Puits de science ? Puy du Fou. Puis, c'est tout...
Aucune idée ! S'il y avait une métaphore à faire entre un puits et les amis / la musique, je la ferais volontiers. Je ne sais pas si c'est une réelle « inspiration », mais c'est la vie en dehors de la BD, qui me permet de tenir. Rester assis à gribouiller c'est amusant, mais je ne pourrais pas en faire mon unique activité. Avec la musique j'ai l'occasion de sortir, de rire, de faire la fête, de parler de tout et de rien, de voyager... Le calme d'un côté, le défoulement de l'autre. C'est un bon équilibre !

Quelle est votre actualité ?
Le tome 2 de La Malbète est sorti. C'était un dytique autour du mythe de la bête du Gévaudan ; voilà donc qui est fini. Special Branch est également terminé. Après la première enquête, qui se déroulait en 3 albums, on avait fait 2 one shots. Dans la foulée, j'ai réalisé Le Bon Petit Henri ; un album muet pour les enfants à partir de 3 ans. C'était une envie que j'avais et qui est devenue possible grâce à la collection « Pouss' de Bamboo ».

Pour la suite, je vais me diriger vers de l'Aventure Jeunesse. Je pense que c'est ce que je voulais faire depuis le début. En mai j'ai fêté mes 10 ans de carrière (13 albums)... Donc là je pense qu'il est temps de passer à l'étape suivante et de prendre les choses en main :-)


Votre Noirhomme vous pousse à quelle extrémité ?
Je disais à Antoine (le scénariste) : « le comble de cette série, ce serait qu'une fois terminée, je me rende compte que tu n'existes que dans ma tête... Et que ce soit moi qui ait écrit cette histoire ». Mais jusqu'à preuve du contraire, Antoine existe bel et bien et je ne suis pas scénariste malgré moi ! Ou alors il faudra qu'on m'explique où se trouve ma paye !

Et pour finir, que représente pour vous le Festival de la BD d'Anzin Saint Aubin ?
Un rendez-vous devenu annuel et qui me réjouis. Je suis venu pour la première fois pour jouer avec le « Boyz bande dessinée »... Et puis chaque année ! Le courant passe bien avec les organisateurs, les bénévoles et le public. Ce n'est pas trop loin de chez moi et je m'y plais beaucoup :-) En fait, ce que j'aime le plus, c'est la dynamique familiale de ce festival. Il y en a quelques-uns qui essayent péniblement d'amener la BD à un public plus jeune... Mais à Anzin-Saint-Aubin, je pense qu'ils y arrivent vraiment. Et ça, ça me rend optimiste pour l'avenir de la BD. Pour l'avenir tout court, même ! Waw !!!